Retour sur la "fausse consigne" des bouteilles en plastiques

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Retour sur la "fausse consigne" des bouteilles en plastiques

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Une « consigne » sur les bouteilles en plastique, une bonne idée ?

Cette « consigne », présentée comme un atout dans l’amélioration du tri des bouteilles plastiques et de leur recyclage cache en réalité un dispositif inégalitaire, n’incitant pas à la réduction des déchets plastiques et entraînant un surcoût pour le consommateur.

Pourquoi parle-t-on de « Fausse consigne » ?

> Une « consigne », est une petite somme payée par le consommateur en échange du prêt d’un contenant réutilisable. Lorsqu’il rend son contenant vide, le client récupère cette somme. Or, ici, les bouteilles en plastique récupérées avec cette « consigne » ne sont pas réutilisées pour être remises directement sur le marché mais recyclées (tout comme le contenu de votre bac jaune).

> Le terme « consigne » est donc abusif et l’intérêt de la démarche est perdu : favoriser le réemploi et ne pas produire de déchet. La solution idéale n’est pas le recyclage, mais bien la réduction des déchets !

À l’origine de cette idée, les grandes multinationales...

À l’initiative de cette « fausse consigne » pour le recyclage des bouteilles en plastique, on retrouve les industriels de la boisson (Nestlé Water, Coca, PepsiCo, Danone) qui cherchent :
• à avoir une image écoresponsable ;
• à fidéliser les consommateurs à leurs produits et éviter la chute de leurs ventes induite par l’arrêt du plastique à usage unique ;
• à prendre le contrôle d’une matière recyclable essentielle, qui s’avèrerait très lucrative (le PET*).

Un projet largement contesté par les acteurs sociaux et environnementaux de tous horizons

Les associations de collectivités locales (mairies, intercommunalités, départements, régions), de nombreuses associations de consommateurs et de protection de l’environnement, mais aussi des professionnels du déchet, se mobilisent une nouvelle fois et affirment que cette « fausse consigne » n’est pas le meilleur moyen pour atteindre l’objectif de recyclage imposé par l’Etat et la Commission Européenne (taux de collecte pour recyclage de 90% en 2029).

*Polytéréphtalate d’éthylène, utilisé pour conditionner 70 % des boissons gazeuses, des jus de fruits, des boissons diluables et de l’eau en bouteille.

Pourquoi tant de controverses ?

UN DISPOSITIF INÉGALITAIRE
>> La « fausse consigne » impliquerait de se déplacer systématiquement vers des lieux de dépôts (souvent les supermarchés), et donc des frais kilométriques et un impact carbone.
>> Sur un même territoire, tout le monde ne bénéficiera pas de la même accessibilité aux automates (zone rurale et zone urbaine).

UNE INCITATION À LA CONSOMMATION
>> Il ne s’agit en aucun cas d’une consigne pour réemploi
>> Elle vise à maintenir les consommateurs dans le modèle de la bouteille en plastique à usage unique et même à en augmenter la consommation

UN SURCOÛT POUR LE CONSOMMATEUR
>> Les lourds investissements pour la mise en place du dispositif seront financés par les consommateurs
>> La consigne augmentera de 0,20€ le prix de l’ensemble des boissons en bouteille
>> Evolis 23 (comme les autres collectivités en charge des déchets) se verrait retirer une source de recettes qui devraient alors être compensée par une hausse de la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (la vente de plastique permet actuellement de réduire le coût de gestion des déchets)

Pour toutes ces raisons, Evolis 23 s’oppose fermement à la création de ce dispositif de consignation des bouteilles en plastique et rejoint en cela la position portée par les syndicats de déchets et intercommunalités, associations d’élus et de consommateurs.

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